L’image manquante

L’image manquante de l’artiste, est un projet de recherche-création qui vise à dégager les contours d’une image partagée par "la société" de ce qu’est un·e artiste plasticien·ne. Est visée ici l’image commune de l'artiste, ne résultant pas d’un travail approfondi d’information ou d’observation.

Supposant un manque d’images actuelles des artistes plasticien.ne.s dans la société et constatant un effet d’invisibilisation de certaines vies qui s’inscrivent néanmoins et courageusement dans cette pratique, le projet de recherche création «l’image manquante de l’artiste» envisage d’analyser les images d’artistes plasticien·nes des média audiovisuels, séries télévisuelles et film de cinéma dans le but d’objectiver une image de l’artiste dans la société en général, l’image de l’artiste pour les citoyen·nes. Aussi, l’étude évitera toute production que l’on pourrait qualifier de «spécialisée», qu’elle soit produite par des spécialistes, pour des spécialistes, ou informée par des spécialistes. Le corpus analysé est ouvert mais, les personnages artistes qui apparaissent dans ces objets d’étude ne peuvent être le sujet principal du film, de la série, ou de l’épisode, car on supposera alors que le réalisateur ou réalisatrices se seront dûment informé·e·s. Il importe ici de sonder l’image commune, celle qui s’impose sans qu’on n’y pense vraiment.

Il s’agit de disposer d'images communes de l’artiste, car nous considérons que dans un système démocratique comme le nôtre, c’est à partir de cette image partagée par le plus grand nombre, que les politiques culturelles sont décidées et mises en oeuvre. Cette étude nous semble donc essentielle pour pouvoir discuter cette image commune en la comparant aux réalités vécues par les plasticiens et plasticiennes. D’autre part, il s’agira de proposer des alternatives à ces stéréotypes afin d’approcher la réalité de terrain. 

Pour aller plus loin, vous pouvez lire : Vasari, l’image trop présente de l’artiste, qui envisage la question de l’image de l’artiste depuis ce qui est considéré comme la source de l’histoire de l’art : les vies de Vasari. Il montre comment Vasari construit une équivalence entre la qualité artistique et les conditions de vie de l’artiste, puis comment cette équivalence disparaît progressivement en même temps que les artistes abandonnent à d’autres leur représentation.

Ce projet de recherche, porté par laFAP est initié par Bruno Goosse en collaboration avec Sarah Sépulcre, Ralf Dekoninck, avec le soutien de l’UCL, et de l’ArBA-EsA. Ce site a été conçu et designé par luuse avec laFAP.